L’heure est à la confession: j’ai longtemps refusé d’écouter le fameux Orelsan, entendre son flow au ralenti (« je parle lentement, j’ai un coup de barre depuis mes quatorze ans ») m’a découragé dès le départ! Pourtant, entre les deux tours des élections, je me surprends à écouter en boucle son dernier opus Le Chant des Sirènes. Grosse claque musicale…

Pas fan du rap français qui semble souvent tourner en rond, j’ai bien entendu parlé du phénomène Orelsan, dont le premier album Perdu d’avance avait été salué par la critique. Jusqu’à lors, même ma curiosité ne m’avait pas poussé à écouter sa musique. Finalement j’ai laissé mes préjugés de côté en écoutant ‘Suicide Social’- tout prend son sens!

Je me laisse très vite séduire par la plume de l’artiste que je découvre  aiguisée et son flow (pas si ralenti) super maîtrisé! Entre punchlines et beats pointus (loin de ce que l’on peut entendre aujourd’hui dans le rap) je comprends vite d’où vient ce nom Orelsan, à mi-chemin entre Aurélien et San (pour les mangas). Si certains lui reprochaient par le passé un manque de maturité, ce deuxième opus ne peut que frapper fort: les textes sont profonds, semblent sincères, parfois violents mais surtout surprenants de réalisme!  Ouverture du bal avec ‘Raelsan’ qui annonce la couleur: un texte pointu qui égratigne le milieu de la musique, la concurrence, les médias. Orelsan ne devait faire qu’un seul album? Et bien voici le deuxième! « Merci quand même pour le coup de pub, merci les chiennes de garde pour le coup de pute! »  Si beaucoup ont voulu « buzzer » autour du fameux titre ‘Sale Pute’, l’artiste le dit dans ‘Le chant des sirènes‘: « Oui j’assure, je suis le génie qui a écrit ‘Sale Pute’, j’aimais pas l’adolescence, laisse moi kiffer ma vie d’adulte ».

Le prodige du rap français a vraiment soigné son retour, à l’écoute de cette galette il nous fait découvrir toute une palette de sentiments grâce à ses textes assez personnels et bien ficelés. SurSi Seul’ Aurélien livre ses doutes « je transpire à grosses goûtes lorsque le jour se lève, je passe mes nuits à courir après mes rêves ». Qui ne pourrait pas se reconnaître dans ce titre? Joli clin d’oeil « retro-futuriste » sur ’1990′/’2010′. Habile au micro le jeune MC nous fait voyager en quelques minutes entre flow old school, groovy, made in 90′s et flow futuriste so 2010! Je pourrais parler de chaque titre de l’album, tant chacun apporte une vraie valeur ajoutée. Je risquerai cependant d’ennuyer mes lecteurs! Je finirai donc simplement par l’énorme claque de cet album, puisque ma découverte a commencé par là: ‘Suicide Social’. Un morceau brillant, qui permet à l’artiste de casser un à un tous les stéréotypes de notre société et d’exprimer avec un réelle justesse un mal-être symptomatique de toute une génération. Tant au niveau du beat que du flow Orelsan effectue une montée en pression bluffante.

Certains semblent « déçus » par l’évolution de l’artiste marquée par une vraie maturité. D’autres parlent même d’album « en demi-teinte ». Ce n’est absolument pas mon point de vue! Le Chant des Sirènes, nous permet de découvrir de nouvelles facettes du personnage, on ressent une vraie évolution musicale par rapport au premier opus et c’est ce que l’on attend d’un artiste! On salue donc cet album très réussi qui promet, on l’espère, un bel avenir à Orelsan dans le rap français. Orelsan, comme toi je l’avoue « Tous les soirs je m’égare dans la vingt-cinquième heure ».

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